Tribulations d une Parisienne Trentenaire
CdL: La friendzone, cet endroit chaud et confortable

CdL: La friendzone, cet endroit chaud et confortable

Je déteste ce mot. Il n’existe que parce que vous choisissez de le laisser exister.
J’vais pas me lancer dans le débat, ce serait pire que si notre copain Donald appuyait sur son gros bouton. (Oui, on sait, tu as la plus grosse, maintenant, couché, Donald !)
Du coup, on passe tout de suite au courrier:

Tout d’abord je me présente, Charlotte, 35 ans et maman d’une petite fille de 6 ans, séparée du papa depuis 3 ans.

L’objet de mon courrier et de mes tourments s’appelle Fernand. Il s’agit d’un ancien collègue que j’ai connu il y a quelques années. Et puis il est parti travailler ailleurs, mais nous avons une collègue qui aime nous réunir (tous les collègues qu’elle apprécie, ancien et actuels) deux à trois fois par an, ce qui nous a permis de rester en contact au fil des années, d’autant plus que lui et moi habitons la même ville, ce qui est motif à covoiturage.
Assez vite lorsque je l’ai connu, il a incarné tout ce que j’apprécie chez un homme, mais à aucun moment je n’ai envisagé quoi que ce soit puisque j’étais en couple et lui
aussi à l’époque, et fort épris de sa belle en outre.
Jusqu’à ce début d’année, où à l’occasion du fameux repas chez notre collègue, j’ai appris que sa copine l’avait quitté quelques semaines plus tôt et qu’il était retourné vivre chez ses parents. Je sortais moi-même d’une brève relation, j’ai donc entrevu la possibilité de me rapprocher de lui (sans vraiment envisager une relation, mais au moins de le connaître mieux de façon amicale).

je me suis beaucoup rapprochée de Fernand cette année: il est venu m’aider pour mon déménagement, je lui ai fait découvrir un de mes loisirs et lui ai fait rencontrer tous les amis avec qui je le pratique: les jeux de société. Surtout il a été d’un véritable soutien cet été lorsque je me suis retrouvée en traitement pour un cancer.
Ce n’était pas la bonne période pour moi pour me pencher sur ma vie sentimentale, mais il a été présent, prenant de mes nouvelles, m’envoyant des messages d’encouragements ou rigolos, me proposant des soirées…
Mes amies ont fini par me persuader que son comportement allait au-delà de la simple amitié, prévenant, attentionné, bien que je leur ai répétés à maintes reprises que c’était son caractère et sa façon d’être (il faut préciser aussi que Fernand est quelqu’un qui peut être très tactile, faisant des accolades pour dire bonjour ou au revoir, même a des personnes qu’il connaît peu, et ça peut surprendre au premier abord). Mais il est vrai que j’avais envie d’y croire. Et c’est comme ça qu’après avoir récupéré suffisamment de forces physiques et mentales, je lui ai fait part de mes sentiments.

Sa réponse n’a pas été celle que j’espérais. Il me considère comme une très bonne amie, mais il souhaite construire sa propre famille, par conséquent notre différence d’âge (il a 30 ans) et ma fille sont des freins trop importants. Pour y avoir beaucoup réfléchi depuis, j’ai le sentiment qu’il m’a dit cela pour ne pas me faire de peine en me disant que je ne lui plais pas physiquement.
J’avais énormément peur que lui parler n’altère notre relation, donc nous avons convenu de rester amis, et continuer à nous voir comme avant et à échanger par SMS. Et je me suis rendu compte que je suis devenue une pote, celle avec qui il peut parler de son envie de rencontrer quelqu’un et de son amertume d’être seul. J’ai l’impression que l’ambiguïté n’a pas vraiment disparu non plus mais je me retrouve dans une position vraiment inconfortable, celle de la friendzone dans toute sa splendeur.
J’ai essayé de prendre mes distances, mais c’est compliqué dans le sens où, l’ayant intégré à mon groupe d’ami, je suis certaine de le recroiser quasi chaque semaine.
Je le trouve un peu froid avec moi lorsque nous sommes en groupe, en revanche il est demandeur pour que l’on se voit en tête-à-tête, comme lundi où nous avons passé la soirée ensemble à tester de nouveaux jeux.

Voilà la fin de mon histoire, je suis un peu paumée, un peu coincée dans une situation que je me suis infligée à moi même aussi. Je ne suis pas sûre qu’il y ait un vrai questionnement à la base de ce long mail finalement mais l’écrire m’aura fait du bien et j’accueillerais avec plaisir un regard extérieur.
Merci de m’avoir lu ! Et bonne soirée.

OK, ben si pas de questions, on va conclu… Ouais, nan, c’est pas super sympa.
Mais malheureusement, y’a pas grand chose à faire. Quand on est dans la friendzone, généralement on y reste. Il y fait bien chaud, on est confortablement installé, et y’a à manger et à boire.

Mais bon, techniquement, tu n’es pas vraiment dans la friendzone. Ceux qui sont dans la friendzone, c’est parce qu’ils n’ont jamais avoués leurs sentiments, alors que toi, tu l’as fait (c’est suffisamment rare pour être souligné). Tu as tenté, tu as perdu. C’est pas grave, tu t’es évité des jours, des mois voire des années de torture à te demander si quelque chose était possible entre vous. Comme on dit, qui ne tente rien n’a rien. Et finalement, tu n’as pas perdu grand chose, étant donné que vous êtes toujours amis.

On peut tout de même analyser ses excuses, à ce bon vieux Fernand.
– La différence d’âge: Bullshit. 5 ans de différence, c’est rien du tout… Y’aurait 15 ans, 20 ans de différence, ou plus, je dirais pas, mais 5 ans…
– L’attirance physique: Bon, là, je le rejoins. Si tu lui plais pas, c’est une excuse valable. Avant d’avoir certaines lectrices sous mon balcon à hurler pour ma mise à mort et voir ma tête au bout d’une pique, je préfère préciser que ce n’est pas mon unique critère. OK, on finit tous vieux, moches et ridés, mais quand je me lève le matin, j’ai envie de voir quelqu’un qui m’est agréable à regarder et qui me fait soulever les draps sans les mains wink wink, au moins encore une vingtaine d’années…
– Les enfants: Encore une fois, j’estime qu’on peut pas vraiment lui en vouloir. Certains acceptent (voire en ont déjà), et puis les autres ont peur, ne veulent pas d’enfants, ne se sentent pas prêts à en assumer, veulent des enfants “à eux”. Encore une fois, chaque cas est différent.
A savoir s’il t’a menti pour ne pas te faire de la peine, lui seul connait la vérité. Après, il t’as déjà mis (un peu) à terre en refusant, il n’a pas voulu (ou a eu peur de) t’enfoncer encore plus et ne pas te blesser inutilement.

Si je peux te donner un seul conseil, c’est de ne plus le voir en tête à tête. Autant avec tes amis, avec ta collègue, pas de problèmes, vous êtes en groupe, et c’est effectivement un ami. Autant lorsque vous êtes seul, c’est ambigu, il te raconte ses problèmes de cœur alors qu’il sait que tu as des sentiments pour lui. Et cela t’empêches probablement d’avancer, et de peut-être rencontrer quelqu’un d’autre, parce que tu te raccroches à l’idée un peu folle qu’un jour, il changera d’avis (et s’il le fait, ce sera probablement pour de mauvaises raisons). Qui sait, il se rendra peut-être même compte qu’il a loupé son âme sœur (oui, je parle de toi).

En conclusion, une fois n’est pas coutume, j’vais vous faire la morale (Vous en faites ce que vous voulez).
S’il vous plait, arrêtez de vous plaindre d’être dans la friendzone.
Si vous y êtes, c’est votre faute, votre responsabilité. Et vous pouvez en sortir en quelques secondes. A vous de voir si vous voulez prendre le risque de perdre ce que vous aviez (une amitié ambiguë) ou de regretter ce que vous n’aurez peut-être jamais (l’amour).

Comme toujours, n’hésitez pas à partage vos expériences et réactions en commentaires, et à envoyer vos propres histoires ici.
PS: Personne n’a résolu l’énigme (cachée) de l’article de la semaine dernière, je suis déçu. Ou alors, tout le monde s’en fout 🙁

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